Calamiti-Lily

Défouloir

Jeudi 14 janvier 2010 à 10:29

la fumée ça pique les yeux, chapitre 20

La mer, c'est magique. Ma maman elle a oublié ses médicaments à la maison et pourtant elle rit toute la journée.

Avec Tonio, on est drôlement bronzés, mais ma maman et Natacha elle font rien que choper des coups de soleil. On s'en fout, on bouffe des mister freezze toute la journée parce qu'on a symmpathisés avec le gars du camion à glace, et le soir on va dans des cafés drôlement gais où tout le monde danse. Ils boivent de la bière et moi j'ai le droit de commander du coca parce que c'est pas grave si j'arrive pas à dormir, vu que j'ai jamais école le lendemain, et qu'il n'y a même pas la voisine du dessus pour nous rendre dingues avec son aspirateur à sept heure du matin.

Une seule fois ma maman elle se remet à pleurer. Mais c'est en regardant la lune, assise sur la plage, parce que c'est tellement beau...

Moi, j'ai même pas peur de l'eau. Je m'en fiche, de leurs stupides bouées, je courre dans les vagues avec Natacha et je l 'éclabousse. Elle me tire une langue toute rose de son mister freeze à la cerise et elle disparaît sous l'écume en se bouchant le nez.

Moi aussi je met la tête sous l'eau et je garde les yeux ouverts pour chercher des trésors. Après, mes yeux ils sont tout rouges et pis ils piquent un peu mais moi je m'en fout, j'ai même pas mal. Je trouve plein de coquillages merveilleux, une pierre bizarre, un sac en plastique que je croyais que c' était une méduse et que je m'suis battu avec pour la tuer avant de l' attraper, et même une poulie toute rouillée que maman elle me jure qu'elle doit s'être détachée du navire de Willy-le-borgne, et que sans doute le reste de l'épave doit pas être loin. Il lui semble bien qu'il pourrait avoir fait naufrage pas loin...

_ »Et le trésor, tu crois qu'il a coulé avec le bateau? » je lui demande.
Je vois ses yeux qui brillent

_ »Ca, personne ne le sait... » elle me répond. « Mais si ce vieux Willy a coulé, il aura pas voulut se séparer de son butin. Sur qu'il a voulut crever riche. »

Alors moi je cherche encore plus mais je ne trouve rien. Sacré Willy-le-borgne. Je suis persuadé qu'il est parvenu à être le seul rescapé du naufrage. Le seul avec son trésor, évidemment.

Au fond ça m'est égal. Moi j'ai la poulie de son voilier, celle qui servait à hisser haut leur drapeau à tête de mort pour qu'il claque dans le vent.

Le marchand de glace il m'appelle « pirate ».

Son nom à lui, c'est Kenny. Il a de grosses locks sur la tête.

Moi, j'adore les rastas. Ils sont gentils et ils voient pas le monde avec les mêmes yeux que les autres gens.
Et pis Kenny il me file toujours des mister freeze à l'oeil, et avec lui, on fait des feux de camps le soir sur la plage. IL joue du djumbé et on danse jusqu'à l'aube.

On voit qu'il vit dans un autre monde, un monde qu'a l'air tellement beau que t'es obligé de l'y suivre.

Il est tout le temps calme, il a toujours le temps. Il nous apprens à ecouter la mer et à vivre sans se presser.

C'est un sage, Kenny. Sur qu'il vivra jusqu'à deux milles ans en se foutant de tout. Et quand il soufflera ses deux milles bougies, il n'aura plus de dents du tout mais il jouera toujours du djumbé des nuits entières au coin d'un feu. Et son regard sera toujours autant noyé dans la brume.

Nous, on sait bien que c'est lui qu'a raison.

 

A SUIVRE ...

Mercredi 13 janvier 2010 à 13:01

La fumée ça pique les yeux, chapitre 19

C'est l'été. Ma maman elle a mis son short en jeans tout frangé. On est assis sur le rebord du trottoir avec Natacha, tous nos sacs autour de nous.

Dans mon cartable j'ai mis mon porcinet en peluche, mon opinel, des mouchoirs pour ma maman qu'est toujours enrhumée, un Kinder bueno, mon baladeur, et aussi deux ou trois billes, mais ça j'ai pas fait exprès, je les ai oubliées au fond en rentrant de l'école.

Ya Tonio qui arrive dans son camion à pizza. Pendant qu'on charge nos bagages, il nous montre comment il l'a transformé en camping-car. On part tous les quatre à la mer pour les vacances. Ca va être drôlement chouette.

On roule toute la nuit et tous le monde chante sur des airs de reggae. Ma maman elle a une voix tellement douce que ça me fais des frissons dans tout le corps. Elle dit qu'elle voit des milliers d'étoiles mais en vrai c'est juste leurs mégots qui font des petites lumières dans le pare-brise.

Aujourd'hui ma maman elle a de la magie plein les yeux. A chaque grande côte elle jure qu'une fois en haut, on verra la mer.

Et on arrive tout en haut, et on voit que le péage de l'autoroute, mais elle s'en fout, elle a déjà oublié la mer et elle s'extasie sur des milliards de lueurs urbaines qui lui foncent dessus.

Cette nuit, c'est un vrai tourbillon de joie, ma maman.

On s'arrête sur une aire de repos pour que Natacha dégueule. Ma maman sort du camion et gambade partout sur l'aire de pique-nique en sautillant sue elle même.

Elle s'allonge sur une table en bois. Je vais la rejoindre et on regarde les étoiles pendant que Tonio s'occupe de Natacha qui n'en finit pas de vomir en répétant qu'elle va mourir.
On repart.

Maman passe devant pour discuter avec Tonio et moi je m'allonge à l'arrière contre Natacha. Elle ne dit plus rien et son visage n'a plus du tout de couleur, mais moi je m'en fout, je me blotti contre elle avec porçinet et j'attends que sa respiration redevienne régulière. J'entends son coeur qui fait boumboum-boumboum vachement fort dans sa poitrine.

Devant, la musique s'emmêle avec leur dialogue décousu.

Le corps de Natacha est encore prit de temps en temps de sursauts. Peu à peu, elle s'apaise à mon contact.

Tout est d'une beauté, d'une tranquillité sans fond. Le temps disparaît.

Et pis, d'un coup, ma maman elle crie: « la MER! »

Je me redresse pour regarder et c'est vrai,ya vraiment la mer. Natacha entrouvre difficilement ses yeux tout gonflés de sommeil. Ya un faible sourire qui se dessine sur son visage encore pâle. On regarde tous la mer sans rien dire et c'est merveilleux. Le soleil délavé du petit matin met dans les vagues des reflets qui nous éblouissent.

Ma maman regarde les mouettes qui gueulent en traversant le ciel.

_ »Putain... »elle dit, ma maman, en se mordant la lèvre inférieure.

 

 

A SUIVRE ...

Mercredi 13 janvier 2010 à 9:27

http://calamiti-lily.cowblog.fr/images/filleordinaire.jpg

CERNES

Les yeux cernés

j'aimerais bien penser à toi

Qui, toi?...

Je sais pas.

Bien sur ya quelques gars

à qui je pourrais essayer de rêver,

mais à quoi ça sert?...

Je sais bien qu'au fond je suis seule

avec ce sale goût amer

chaque fois qu'j'en prends plein la gueule.

Mes yeux cernés

ne comprennent pas

ce que je fout sans toi

Ma vie n'a pas de sens si je ne te rencontre pas

toi qui ne me comprendrais pas

mais qui m'accepterais.
Bien sur des gars comme ça

yen a plein

Mais mes yeux cernés ne comprennent pus Rien

ils ne savent plus que demander: « Pourquoi? »

Alors je veux plus réfléchir

je veux juste fumer encore

pour enfin m' endormir

au milieu de fumées d'or

Deux yeux cernés

se ferment en silence

en essayant de rêver

à leur apaiseur de souffrance

qui n'existe peut-être pas.
Alors, comment je fais, moi?

J' attend.

J' attend pour enfin pleure

comme une enfant

dans l'épaule qui pourrait consoler

mes chagrins, mes tourments.

Et mes yeux tout cernés

si petits

voudraient tellement pleurer

sur leur agonie.

Bien sur ils versent parfois

une larme ou deux,

mais sans Jamais comprendre pourquoi

ils sont si malheureux.

Dans un halo de fumée

je t' attend en vain

les yeux tellement cernés

en tirant sur mon joint.

Et toi, tu dois être si loin...

Je n'en peux plus de t' attendre

mais je me dis « Peut-être demain.. »

en regardant voler mes cendres.

Du fond de mes yeux cernés

je me regarde dans le miroir

Je suis seule dans l' obscurité

Je voudrais tant sortir du noir.

Mais la lumière me fait trop Mal

pour que je puisse la supporter

alors je ferme tant bien que mal

mes yeux éternellement cernés.

Mardi 12 janvier 2010 à 22:47

http://calamiti-lily.cowblog.fr/images/enfanthopital9497w250.jpgLa fumée ça pique les yeux, chapitre 18

J' entrouvre les yeux. Tout est blanc autour de moi, ça m'éblouis, tout est flou. J'ai mal à la tête.

C'est de leur faute, à ses Putains de docteurs. Si ils avaient pas essayé de me lever, j'aurais pas tombé dans les pommes.

Je sens la main de Natacha dans la mienne. Je peux pas garder les yeux ouverts, ça fait trop mal. J'entends à peine sa voix, ya comme un bourdonnement dans mes oreilles qui la couvre.

_ »P'tit Go » elle me dit « t'as pas l'droit de m'faire ça. Tu avais promis que tu m'épouserais, tu te souviens?... »

Bien sur que je me souviens. Et je peux même pas entrouvrir mes paupières pour qu'elle lise dans mes yeux à quel point je m 'en rappelle.

 

Elle arrive en pleurs. Elle me fait un bisou tout mouillé de larmes et me demande où est maman. Je lui dis qu'elle est sortie, faire des courses je crois, mais que si elle veut on a acheté du thé exprès pour elle, que je m' ennuie un peu, et que je voudrais bien qu'elle reste avec moi.

Elle me dit d'accord, elle pose son sac, et elle me suis dans la cuisine sans s'arrêter de chialer.

Elle se prépare son thé et renifle devant sa tasse. Je m' assois en face d'elle et je lui demande pourquoi elle est tellement triste. Elle me raconte Matthias et Djamel qui l'ont larguée le même jour, à croire qu'ils s'étaient concertés. tous les deux pour une autre. Peut-être carrément la même, qui sait?...Non, le pire c'est qu'elle les connaît, ces deux petites Putes, et en plus elles sont moches. Et pis Mario par-dessus le marché qui l' appelle pour lui dire qu'il va quitter sa femme.

_ »Je lui avais rien demandé, à ce con là! » elle me dit.

Vraiment c'est trop. Elle en a marre.

_ » Moi, tout ce que j'voulais, c'était un peu d' Amour. » elle me dit. »Mais ya Jamais personne qui m' aime d' Amour... »

elle repousse sa tasse de thé, toute salée de larmes. Je vais m' installer sur ses genoux.

Avant, je voulais épouser ma maman, mais y paraît que c'est interdit par la loi alors je regarde Natacha bien au fond des yeux tout verts et je lui dis: »T' inquiète. Quand je serais grand, je t' épouserais et plus jamais les garçons ils te feront pleurer. Promit. »

Elle éclate de rire à travers ses larmes. Ca les transforme en joyeuses cascades qui dégringolent de ses yeux tellement vert et qui me dise: »Je t'aime, p'tit Go. »

 

Tu vois Natacha, j'ai pas du tout oublié.

Ce n'est tout de même pas ma faute si je suis mort.

 

 

A SUIVRE ...

Mardi 12 janvier 2010 à 22:45

http://calamiti-lily.cowblog.fr/images/imgdelete.png

CAMILLE

 

Petite Camille,

je te vois grandir,

doucement,

et chaque jour devenir

un peu plus belle que le précédent.

Et je te regarde,

ta beauté,

ton bonheur,

ta simplicité,

ton innocence,

et je me demande

Pourquoi?...

Pourquoi moi

j'ai grandis,

malgrès moi,

petit à petit.

Et Pourquoi

j'ai perdu

cette gaieté?

Pourquoi

je n'est plus

que mes regrets ?...

Je te regarde, Camille,

vivre ton enfance,

avec un peu d'envie,

et beaucoup de souffrance,

de penser que pour toi aussi

un jour, ce sera fini

tous ces jeux insouciants.

Tu auras tant grandie,

Camille, profite s'en.

Joue Camille,

joue et ris,

tes yeux sont encore tout baignés de joie

Chante Camille,

chante ta vie,

tant qu'il y a encore des sourires dans ta voix.

Tu sais, je pleure bien assez pour deux,

alors, laisse moi pleurer pour toi,

et ris, ris encore un peu,

s'il-te-plaît Camille, fais le pour moi.

<< Page précédente | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | Page suivante >>

Créer un podcast